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Droits de douane : l'économie mondiale s'en sort un peu mieux que prévu, selon l'OCDE, qui voit toutefois des signes de ralentissement
information fournie par Boursorama avec Media Services 23/09/2025 à 13:30

"Des signes de ralentissement" de la production apparaissent en Corée du Sud, en Allemagne et au Brésil. Sur la consommation, ce sont les États-Unis, la zone euro et la Chine qui sont concernés.

( AFP / ERIC PIERMONT )

( AFP / ERIC PIERMONT )

Alors que Donald Trump fait trembler le commerce mondial depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier, l'OCDE estime mardi 22 septembre dans un rapport, que l'économie de la planète résiste un peu mieux que prévu aux droits de douane imposés par le président américain. L'organisme relève ainsi légèrement ses prévisions de croissance, mais prévient que les signes d'un ralentissement sont déjà là.

"Les effets, sur la production et les échanges de biens, de l'anticipation de l'instauration de droits de douane plus élevés ont joué un rôle moteur important" sur l'économie mondiale, relève l'organisation internationale basée à Paris dans un rapport présentant ses prévisions économiques mondiales actualisées. Celles-ci sont un peu plus roses qu'escompté lors des précédentes prévisions publiées par l'institution en juin, au plus fort de la bataille douanière: la croissance mondiale est désormais attendue à 3,2% contre 2,9% alors, mais devrait rester inchangée pour 2026 à 2,9%.

L'OCDE se rapproche ainsi de sa prévision de croissance remontant à décembre, soit avant l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, lorsqu'elle s'attendait à une progression du PIB mondial de 3,3% pour cette année. Pour 2026 en revanche, la prévision est encore bien inférieure, de 0,4 point de pourcentage.

En ce qui concerne l'économie américaine, elle devrait payer dès cette année le prix de la bataille douanière du président Trump par un ralentissement de la croissance à 1,8%, puis 1,5% l'an prochain, contre une progression du PIB de 2,8% en 2024. À l'heure où Donald Trump impose une forte pression aux immigrés, notamment au travers de restrictions sur les travailleurs du secteur des technologies, "il y a manifestement déjà moins de croissance de la main-d'œuvre, ce qui aura évidemment un impact sur le PIB", a estimé l'économiste en chef de l'institution, Alvaro Pereira, au cours d'un entretien avec l' AFP , jugeant l'immigration comme "un atout crucial pour l'économie" américaine.

La France mise en garde

En zone euro, la croissance est attendue en 2025 en légère hausse de 0,2 point par rapport aux prévisions de juin de l'OCDE, à 1,2%, et en baisse de 0,2 point pour 2026, à 1,0%. Parmi les pays fragiles de la zone, "la France doit être très prudente sur ses finances dans les prochaines années" , a affirmé Alvaro Pereira. "Il faut tirer les leçons de ce qui s'est passé dans des pays comme l'Italie, le Portugal et d'autres. Ces pays sont revenus à la discipline budgétaire, alors que la France continue d'augmenter" sa dette, a-t-il ajouté.

Depuis son arrivée au pouvoir en janvier, Donald Trump a imposé des surtaxes douanières à la plupart des partenaires commerciaux des États-Unis, portant à 19,5% le taux effectif des droits de douane sur les marchandises arrivant sur le marché américain, soit un plus haut depuis 1933, calcule l'OCDE.

Parmi les facteurs d'optimisme pour cette année, la production industrielle a progressé davantage sur les six premiers mois de l'année que son rythme moyen en 2024 dans la plupart des économies avancées, relève l'OCDE. En outre, "les effets des relèvements des droits de douane ne se sont pas encore fait pleinement senti r, du fait que l'application de nombreux changements est échelonnée et que les entreprises répercutent dans un premier temps une partie des majorations sur leurs marges", ajoute l'organisation.

"Signes de ralentissement"

Elle prévient toutefois : "des signes de ralentissement" apparaissent dans la croissance de la production depuis août , notamment en Corée du Sud, en Allemagne et au Brésil. Sur la consommation, l'OCDE observe un ralentissement aux États-Unis, en zone euro et en Chine.

"Généralement, quand l'économie se porte très bien, la croissance se situe autour de 4%, donc nous en sommes loin", a souligné Alvaro Pereira.

Selon celui qui a été nommé au cours de l'été au poste de gouverneur de la Banque du Portugal et qui quittera bientôt l'institution parisienne, "on anticipe une inflation un peu plus élevée, surtout aux États-Unis, mais pas seulement, par exemple à travers la hausse des prix alimentaires dans des pays comme le Japon et l'Afrique du Sud".

Parmi les autres facteurs de risques, l'OCDE cite d'éventuelles nouvelles hausses de droits de douane et une inquiétude accrue à l'égard des risques budgétaires, à l'heure du creusement de l'endettement dans la plupart des régions du monde et des tensions sur les taux d'emprunt.

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